Sont réunis ici différents textes dont certains sont des textes inédits : chroniques, portraits, hommages, fictions, écrits plus personnels.
MCP a été particulièrement fière et heureuse de diriger, dans la collection « Morales » dirigée par Nicole Czechowski aux éditions Autrement, un ouvrage collectif qui a paru en 1999 : L’Admiration, miettes d’immortalité.
Un écrit beaucoup plus ancien : son mémoire de maîtrise, intitulé Ruskin and Turner, que MCP a rédigé pour son Master’s Degree (Master of Arts) à l’université de Cornell, en juin 1955.
Sont aussi mentionnés les livres que MCP a publiés.
Quatre livres seulement, quelle injustice pour tous les autres qui, en vingt ans, ont transformé notre horizon de lecture. De Marguerite Duras, dont l’écriture a rayonné sur ces vingt années, je choisirai Détruire, dit-elle : parce que « c’est la musique sur le nom de Stein », parce que le dialogue capte une sorte de folie douce,…
Dans le jardin du Palais-Royal, après-midi dorée de fin octobre, comme les adorait Lewis Carroll à Oxford. Je pense à lui, un instant, et à Alice Liddell. Amour de petite fille, et quelle drôle de relation. La mère s’inquiétait, d’ailleurs. Elle gardait ses soupçons pour elle, mais cherchait à faire comprendre au douteux prétendant qu’elle…
Je vis dans une drôle de maison : Dans la crusine il y a : des réparoles, des poêles à fpleurer, une passe-matin, des couverts à proprade. Tout est rangé dans des arrondiscards. Quand je mets le coujaune, je pose des cuillaujourdhui, des coutards, des bleus, la proprière, les debouhiettes, un dessous de bombé. Quand…
Nicolas Les bancs autour du bac à sable. Je suis assise, il y a seulement deux enfants dans le bac à sable en plein soleil, un petit garçon de deux ou trois ans avec un bob, un petit garçon un peu plus âgé, avec aussi un chapeau sur la tête. Une jeune fille métisse assez…
14.05.21 M. a un talent très particulier. Avec un matériau dont il tient à garder le secret, qui ressemble à de la pâte à modeler, de coloris vaguement coloré, il fabrique des figurines, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, dont la ressemblance avec leurs modèles est presque inquiétante : spectrale. Il les compose en assemblées,…
Rue Villedo, 7 mai 2020 Il se passe toujours quelque chose. Echafaudages au dernier étage depuis plusieurs mois. Deux hommes en haut, un avec un haut rouge, l’autre est noir. En bas, un homme casqué … Plein soleil, et deux cordes parallèles jusqu’au trottoir, qui permettent de descendre du matériel : l’homme d’en bas tient…
Pour rendre hommage à notre amie Michèle Causse, j’ai choisi de jouer le jeu un peu enfantin du portrait. (Si c’était, si c’était…). N’espérant pas donner la vérité de sa personne ou même de son personnage, mais proposer un regard où, peut-être, elle aimerait se découvrir ou se reconnaître. Si Michèle était un instrument de…
Je voudrais en la nommant vous parler d’elle. Anne-Marie Fijal. Non, elle n’écrit pas de chansons, malgré ce début en forme de rengaine, elle n’en chante pas non plus (elle dit qu’elle aurait aimé faire du chant). Tout de même elle compose, parfois, des airs pour des voix, et ces airs, des femmes les chantent.…
Colette, ou la « dame du Palais-Royal ». Sur la façade donnant galerie de Beaujolais, au coin du passage du Perron, une plaque avec une médaille commémore : Colette Au bord de ce jardin A passé Ses dernières années. Elle y a habité deux fois, à la même adresse — 9 rue de Beaujolais —…
À l’emplacement du quartier de cavalerie de l’ancienne caserne Dupleix, dans le XVe arrondissement, un nouvel ensemble résidentiel fait place en son cœur à une Allée Marguerite Yourcenar, « écrivain (1903-1987), première femme élue à l’Académie Française en 1980 ». Cette allée est bien discrète puisqu’on n’y accède que par un zigzag, soit à partir de la…
27 mars 2021 « Contre et envers tout »… Elle parle un si joli français, Martha Argerich, on l’entend et on est sous le charme, dans le film Bloody Daughter réalisé par sa fille Stéphanie, fille de son troisième mari, Stephen Kovacevich. Stéphanie, une de ses trois filles (avec Lyda Chen et Annie Dutoit) celle qui voudrait…
10 juin 2021 C’est la grande semaine Argerich, sur Mezzo, « Happy Birthday Martha ». Pour fêter ses quatre-vingts ans. Un concert par soir, pour rien au monde on ne voudrait manquer ça. Premier Concerto pour piano de Chopin, à Varsovie, sous la direction de Jacek Kaspszyk (27/8/2010). Concerto pour piano de Ravel, sous la direction d’Emmanuel…
Jeanne-Marie Bourdet, cérémonie d’adieu, vendredi 6 février 2009 « Fear no more the heat of the sun Nor the furious winter’s rages; Thou thy wordly task hast done, Home art gone and ta’en thy wages » Shakespeare, Cymbeline Pour Jeanne-Marie, comme pour beaucoup de femmes, « le bel âge » fut celui où elle était la jeune mère de…
Robert Merle a été notre collègue à Nanterre de 1965 jusqu’à l’année de sa retraite. Dans les années 80, Professeur émérite, il revenait encore participer chaque semaine à l’UV de licence « Les Mœurs et la morale » (avec Veronica Lelaidier et Jean-Michel Déprats) et faire cours sur The Portrait of Dorian Gray et The…
Prix Maurice-Edgar Coindreau, 2006 Je suis bien contente qu’on m’ait demandé à moi de présenter le lauréat de cette année, Marc Amfreville. Bien contente parce c’est quelqu’un que j’aime beaucoup, comme personne, comme ami et comme traducteur. Nous sommes tous les deux « américanistes », c’est un lien : un lien culturel, et un lien…
Sur le site de l’ATLF : Marie-Claude Peugeot | ATLF Marie-Claude Peugeot est décédée le 6 décembre 2018 à Paris. L’ATLF s’associe à l’hommage que lui rend ici Marie-Claire Pasquier, traductrice, ancienne présidente d’ATLAS : « Marie-Claude Peugeot, traductrice littéraire, était membre de l’ATLF (Association des traducteurs littéraires de France) et d’ATLAS (Assises de la traduction littéraire…
Vingt-troisièmes Assises de la Traduction Littéraire, ATLAS, Actes Sud, novembre 2007. Je commencerai par évoquer la dernière fois que nous avons vu Sylvère Monod à Arles. C’était en novembre 2003, lorsque, en tant que troisième président d’ATLAS de 1989 à 1992, il était venu célébrer avec nous, comme l’a rappelé Hélène hier, nos vingtièmes Assises.…
TransLittérature, n° 28, hiver 2005. « On demandera à Rémy » Rémy avait été élu au Conseil d’administration d’ATLAS en 1996. II était encore vice-président de l’ATLF, et moi vice-présidente d’ATLAS. Nous le connaissions par les AG, par sa présence aux Assises. Cette année-là, il avait participé à la table ronde ATLF animée par Albert Bensoussan…
Sous l’Occupation, aucune importation de fruits ou légumes : pas d’oranges ni de pamplemousses, pas de bananes, pas de dattes, pas de citrons, pas d’ananas. Pas de kiwis, on ne connaissait même pas le nom, pas de mangues. Et les avocats, je ne les ai connus que bien plus tard, aux Etats-Unis, où je les…
Siècle 21, n° 15, automne-hiver 2009. Le Comte de Monte-Cristo. Mon premier bonheur de cinéma. En deux épisodes, « Edmond Dantès », et « La Vengeance » : de quoi rêver toute la semaine entre les deux. C’était sous l’Occupation, j’avais neuf ans, on passait nos étés à Saint-Germain-en-Laye, parce que c’est là que mon père travaillait, à la…
Les Temps Modernes, n° 647-648, 2008 « À quoi ça sert d‘être un petit garçon si c’est pour devenir un homme », soupire Gertrude Stein dans L’Histoire géographique de l’Amérique. La connaissant, on peut sans trop de risques interpréter : à quoi ça sert d’être bouclé, affectueux, inventif, une voix d’ange, pour devenir moustachu, le poil qui pique,…
Jim, n° 8, « L’Etranger », avril 2005. pour Zabeth En 1941, j’ai sept ans. J’habite Paris et nous passons nos vacances, Pâques et l’été, comme nous le ferons jusqu’en 45, à Saint-Germain-en-Laye, où travaille mon père. L’étranger, dans mes premiers souvenirs, c’est l’occupant, c’est l’Allemand en uniforme vert-de-gris. Ce sont les bruits de bottes, les patrouilles…
Je les avais rencontrés par petite annonce dans le journal : il fallait se rendre dans un hôtel du centre-ville de Denver. J’avais un mois d’été à perdre avant de retourner à l’université de Cornell en septembre. En cinq minutes, l’affaire était conclue : je faisais partie de l’équipe itinérante du Don Frontier’s Studio :…
Sorcières, n° 23, 1980 L’enfant. Je m’aperçois que je ne peux pas écrire son nom, ni le vrai, ni un faux. Une espèce de réaction archaïque, de superstition. Si je livre son vrai nom — qu’il porte depuis une dizaine d’années, par lequel il s’est constitué une identité, qu’il a déclaré aimer, que je crie…
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Non publiés ?
Parmi les écrits qui suivent, certains ont certainement été publiés mais le lieu et la date de publication n’ont pas été retrouvés. D’autres, comme « Au plaisir des catalogues » sont inédits.
Le Peuple de l’abîme, Jack London. Le Peuple de l’Abîme est, de tous ses livres, celui que Jack London préférait. Du moins est-ce ce qu’il écrit à l’un de ses admirateurs le 16 octobre 1916, quelques semaines avant sa mort : « Je crois avoir mis mon cœur dans Le Peuple de l’Abîme plus que dans n’importe…
« Au théâtre, ce que je hais, c’est le théâtre. » Stanislavski Une façon de délimiter la représentation, prise dans sa dimension théâtrale, c’est de la cerner par ce qui n’est pas elle, ce qui s’affirme en opposition avec elle, pour la remettre en cause, pour la « déboussoler ». Dès le départ, une question se pose : pourquoi…
Texte de présentation pour le spectacle de Bob Wilson en 1993. Adaptation de Bob Wilson et Darryl Pinckney du roman de Virginia Woolf, avec Isabelle Huppert. Orlando, c’est la théâtralité même. « Orlando et son double », aurait pu dire Artaud. Dès le titre, qui évoque le tendre amoureux de Rosalinde-alias-Ganymède dans le Comme il vous plaira…
Je m’inspire ici du titre d’Emile Zola, Au Bonheur des dames, sur l’ascension d’un grand magasin. Lu quand j’avais douze ans, et beaucoup aimé. Publié en 1883, mais je n’en savais rien. On m’avait dit que le roman était en partie inspiré du Bon Marché, le premier des Grands Magasins (qu’on avait d’abord appelés « les…
Cela pourrait s’intituler : Les Demoiselles ou bien La Vieille fille ou encore Dames seules. Qu’en est-il, dans notre société, des femmes qui ne se sont pas mariées ? On laissera de côté toutes celles qui vivent avec un compagnon. Et les homosexuelles, qui ont fait le choix de vivre en couple avec une femme,…
(d’après Lewis Carroll) L’histoire se passe en Angleterre, L’été, au bord d’une rivière. Trois petites filles dans un bateau Qui rêvassent au fil de l’eau. Le gentil Lewis avec elles Accompagnant ces demoiselles Voudrait bien les distraire. Il leur dit : Je vais vous faire Un récit qui, j’espère, Va vous plaire. Alice, un bel…
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L’Admiration
A la très grande joie de MCP, Nicole Czechowski, directrice de la collection « Morales » chez Autrement, lui a confié la direction du volume L’Admiration, miettes d’immortalité, ouvrage collectif publié en 1999. MCP en écrit la préface, ainsi qu’une anthologie « L’Art de l’éloge », et sous forme de questionnaire : « C’est quoi pour vous, l’admiration ? ». Parmi les collaborateurs, Emmanuel Pasquier, Elisabeth de Fontenay, Françoise Py, Jean Maurel, Jean-Pierre Naugrette.
L’Admiration, miettes d’immortalité, Collection Morales n° 26, Editions Autrement, 1999. Point de départ de cet ouvrage sur l’admiration : à y voir traitées tant de vertus manifestement vertueuses – la pudeur, le sacrifice, la charité, la fidélité, l’humilité, la pureté – on pouvait craindre que la collection « Morales » n’ait un peu oublié son…
Témoignages recueillis par Marie-Claire Pasquier L’Admiration, miettes d’immortalité, Collection Morales n° 26, Editions Autrement, 1999. Admire-t-on sa mère, son père, sa sœur, ses enfants ? les acteurs qu’on fait travailler ? les beaux visages ? les premiers poètes qu’on découvre ? les textes, ou les auteurs ? les Beatles ? la violence ou la douceur ?…
En 1954-55, MCP passe un an aux Etats-Unis à l’université de Cornell avec une bourse Fulbright. Elle y rédige son mémoire de maîtrise (Master of Arts). Plus tard, dans ses articles, ainsi que dans sa thèse Gertrude Stein : théâtre et théâtralité, MCP fera de nombreuses références à la peinture et à la critique d’art.
Master’s Degree (Master of Arts), Université de Cornell, juin 1955. Ruskin and Turner Introduction Historical evolution of aesthetic standards. Interest today in Ruskin’s historical position. Importance to Ruskin personally of his love for art and nature, and of his meeting with Turner. I – Conditions of Ruskin’s criticism of Turner Ruskin’s temperament and education. Influence of the Bible, of travel. First contact with Turner’s works. Personal relationship with Turner’s: works devoted to Turner. XVIIIth Century views of paintings: factors which change these views: Turner’s achievement. II – Criteria and main themes of Ruskin’s criticism Changes in Ruskin’s criteria and taste.…