
MCP (à droite) et ses deux meilleures amies Elisabeth de Fontenay (à gauche) et Simone Benmussa (au centre) en 1965.
Elisabeth de Fontenay, philosophe, née en 1934,
auteure de nombreux livres, dont Le Silence des bêtes
(Paris, Fayard, 1998).
Amie de jeunesse de MCP, leurs chemins sont toujours restés liés. Ensemble, elles ont signé Traduire le parler des bêtes, Paris, L’Herne, 2008, texte de deux conférences données
lors des Assises de la traduction littéraire en Arles en 2006.
Simone Benmussa (1931-2001), elle aussi une amie de toujours, était dramaturge et metteuse en scène, notamment au théâtre
du Rond-Point avec la Compagnie Renaud-Barrault.
Elle était aussi rédactrice en chef des Cahiers Renaud Barrault, auxquels MCP a contribué à de nombreuses reprises.
Biographie
Née à Paris le 7 juillet 1933, elle grandit dans un environnement cultivé et traditionnel. Sa naissance survient peu après un drame familial : son arrière-grand-père maternel, le président Paul Doumer, a été assassiné en mai 1932, un an après son entrée à l’Élysée. Après un passage à Vendôme pendant la guerre, elle retrouve Paris et effectue toute sa scolarité secondaire au lycée Victor-Duruy, avant une hypokhâgne à Fénelon puis un premier séjour en Angleterre. Ce séjour en internat, bien que difficile, lui donne une maîtrise solide de la langue anglaise.
À la mort de son père en 1950, sa mère épouse Jean Pasquier, frère aîné de son père, professeur de lettres classiques et directeur de l’Institut français de Naples, où il accueillit André Gide pour sa dernière conférence. Tandis que le reste de la famille part en Italie, Marie-Claire poursuit ses études à la Sorbonne : licence d’anglais, diplôme d’études supérieures, puis agrégation obtenue en 1958.
Bénéficiaire d’une bourse Fulbright et d’une bourse Smith-Mundt, elle passe un an et demi à l’université Cornell (État de New York), où elle obtient un Master of Arts en 1955. Séduite par les États-Unis, elle y reste quelque temps, travaillant pour une agence de photographie et parcourant l’Ouest américain – une expérience qui marque son attachement durable au pays.
À son retour, elle choisit l’Algérie, alors en pleine guerre, pour son premier poste de jeune agrégée au lycée de jeunes filles de Kouba, près d’Alger (1958-1961). Elle y découvre un milieu bouillonnant, nouant des liens forts avec des appelés du contingent, des intellectuels proches de la cause algérienne, et plusieurs figures marquantes : les philosophes Solange Mercier-Josa et Jacques Derrida, la future écrivaine Leïla Sebbar, la militante anti-colonialiste Janine Cahen, ainsi que le photographe et cinéaste Chris Marker.
Revenue en région parisienne, elle enseigne à Mantes-la-Jolie puis à Sèvres, où se tissent d’autres amitiés décisives, notamment avec la philosophe Élisabeth de Fontenay, qui deviendra la marraine de son fils, Emmanuel. Toutes deux publieront ensemble Traduire le parler des bêtes (L’Herne, 2008), issu de conférences données aux Assises de la traduction d’Arles.
Membre du Conseil d’administration du Centre National du Livre, Présidente d’ATLAS, où Marie-Claire joua un rôle clé en invitant nombre de penseurs et écrivains – Jacques Roubaud, Michel Deguy, Hélène Cixous, Barbara Cassin, Derrida encore – et en animant des ateliers de traduction.
Avec l’ouverture de Paris-Nanterre en 1964, elle rejoint le nouvel établissement pour désengorger la Sorbonne. Assistante dès 1965, elle traverse Mai 68 au cœur de l’université et contribue aux profondes mutations qui suivent. Elle y fera toute sa carrière : maîtresse-assistante en 1970, maîtresse de conférences en 1988, puis professeure titulaire en 1993, jusqu’à son éméritat en 2001.
Sa thèse d’État, soutenue en 1991 et consacrée à Gertrude Stein (Gertrude Stein, théâtre et théâtralité), confirme son rôle central dans l’étude du théâtre d’avant-garde. Elle publie Le Théâtre américain d’aujourd’hui (PUF, 1978), collabore aux Cahiers Renaud-Barrault fondés par son amie Simone Benmussa, participe à des mises en scène (notamment Camera Obscura en 1982) et traduit pour le théâtre : Lear d’Edward Bond pour Patrice Chéreau (1975), Faust ou la fée électrique de Stein pour Richard Foreman (1982), entre autres.
Son apport au roman est tout aussi important. Elle a traduit en français Jack London, F. Scott Fitzgerald, William Kennedy, Norman Maclean, Philip Roth (Exit le fantôme, Indignation, Le Rabaissement, Némésis), Virginia Woolf (Mrs Dalloway), Oscar Wilde, et bien d’autres.
En 1970 naît son fils Emmanuel, qu’elle choisit d’élever seule.
A cette époque, elle tisse des liens avec des réseaux féministes internationaux et interdisciplinaires et collabore à plusieurs revues féministes. En 1984, elle dirige le collectif Stratégies des femmes paru aux Editions Tierce (dont une traduction américaine paraît en 1986). Proche d’Antoinette Fouque et de la Librairie des Femmes, elle signe la traduction de Mrs Dalloway utilisée pour l’audio-livre enregistré par Catherine Deneuve (Éditions des Femmes-Antoinette Fouque, 2020).



Voici le CV (partiel) rédigé par MCP.
Curriculum Vitae
Née le 7 juillet 1933 – Fille de Marcel Pasquier et de Lucile Doumer, petite-fille du Président de la République Paul Doumer.
Docteur d’Etat, Professeur émérite (Paris-X-Nanterre).
Spécialiste de théâtre et de littérature américaine.
Traductrice littéraire, Présidente de l’Association ATLAS.
Carrière universitaire
– Licence d’anglais, Paris-Sorbonne, 1953
– DES d’anglais, Paris-Sorbonne, 1954
– Un an et demi à l’Université de Cornell, USA avec une bourse Smith-Mundt-Fulbright, 1954-56
– Master of Arts, Cornell, juin 1955 : mémoire en anglais intitulé « Ruskin and Turner ».
– Agrégation d’anglais, 1958
– Thèse de Doctorat d’Etat : « Gertrude Stein, théâtre et théâtralité » soutenue à l’Université de Paris-Sorbonne Paris–IIV le16 février 1991 sous la direction du Professeur Jean Rouberol (Mention Très-Honorable à l’unanimité avec félicitations du jury)
Postes dans le secondaire
– Lycée d’Alger-Kouba (58-61)
– Lycée de Mantes-la-Jolie (61-64)
– Lycée expérimental de Sèvres (64-65)
Postes à l’Université de Paris-X-Nanterre
– Assistante : 1965-69
– Maître-Assistante, 1970
– Maître de Conférences, 1988
– Elue Professeur titulaire en 1993 (également élue à l’Université de Paris III)
– Professeur émérite, 2001
– Membre du Conseil d’Administration de Paris-X-Nanterre de 1995 à 2001
– Membre de la Commission disciplinaire de l’Université de 1998 à 2001
Direction de recherches
– Direction de thèses de doctorat ou habilitations et participation à des jurys de thèse de doctorat ou jurys d’habilitation à Paris-X-Nanterre, Paris-Sorbonne-Paris IV, Sorbonne nouvelle Paris III, Université Denis Diderot- Paris VII, Université de Bourgogne, Dijon, Université François Rabelais, Tours.
– Membre depuis l’automne 2005 du conseil de l’Ecole doctorale « Langue, littérature, image » de l’Université de Paris7-Denis Diderot dirigée par Julia Kristeva.
Participation à des colloques
– Membre de l’AFEA (Association française d’Etudes américaines), participation chaque année (jusqu’en 2001) au congrès de l’AFEA. Co-organisatrice du congrès de mai 1995 à l’Université de Tours sur le thème : « Sexualités aux Etats-Unis : expression et répression. » Co-responsable du numéro 68 de mars 1996 de la RFEA (Revue française d’Etudes américaines) qui publia les Actes de ce congrès.
– Participation régulière aux colloques organisées par différentes universités (Dijon, Bordeaux, Tours, Orléans, Strasbourg, Paris-III, Paris VII, Paris VIII, Paris-X, Montpellier) autour de la littérature américaine, en particulier autour des auteurs mis chaque année au programme de l’agrégation (Sam Shepard, Eugene O’Neill, Toni Morrison, Jean Toomer, Eudora Welty).
– Publication de certaines de ces communications dans Americana, (Presses de l’Université de Paris-Sorbonne), RANAM (Université de Strasbourg), Etudes anglaises, Fabula, Palimpsestes (Paris III), Delta (U. de Montpellier), Cahiers Charles-V (Paris VII), Caliban (Université de Toulouse-Montmirail), Editions ellipses.
– Communication au colloque organisé en mars 1997 par la University of Wisconsin, Milwaukee, sur le thème « Aging ». Communication publiée dans le volume intitulé Figuring Age : Women, Bodies, Generations, Indiana U. Press (sous la responsabilité de Kathleen Woodward).
– Communication au Colloque sur Simone de Beauvoir organisé par Columbia University, New York, en avril 1985.
– Participation au séminaire « Arts du spectacle » du CNRS dirigé par Béatrice Picon-Vallin et portant en 1997 sur « Théâtre et cinéma ». Contribution intitulée « Hollywood et Broadway hier et aujourd’hui : le retour du comédien », publiée dans le volume intitulé Le Film de théâtre publié par le CNRS en février 1997.
Publications
Le Théâtre américain d’aujourd’hui, PUF, 1978 – (traduit en polonais et publié à Varsovie en 1987 sous le titre Wspoczesny teatr amerykanski).
– « Guest Editor » de la RFEA n° 10, « Théâtres de l’Amérique » (octobre 1980).
– « Chief Editor » de Stratégies des Femmes, Editions Tierce, 1984 (ouvrage publié aux USA sous le titre A Century of Change : Women in Culture and Politics, par Indiana U.Press en 1986).
– Beckett avant Beckett (en collaboration), Presses de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, 1985.
– Participation au D.H. Lawrence des Cahiers de l’Herne (1988).
– Oscar Wilde dans la Pléiade : notice générale, notices et notes sur le théâtre de Wilde, 1996.
– Responsable du volume collectif L’Admiration dans la collection « Morales » des Editions Autrement, en 1998.
– Rédaction de la partie américaine du Dictionnaire encyclopédique du théâtre sous la direction de Michel Corvin pour Bordas en 1991.
– Collaboration régulière aux Cahiers-Renaud-Barrault jusqu’à leur dernier numéro.
– Collaboration régulière à La Quinzaine littéraire dans les années 70 et 80.
– Articles dans L’Avant-scène Théâtre, L’Art du théâtre, Comédie-française, Théâtre/public (dernier article en date dans le numéro 178 consacré en 2005 à « L’Excès » sous la responsabilité de Marie-José Mondzain : « Un silence assourdissant »).
Également contributions publiées dans les grandes années du féminisme dans Sorcières, Histoires d’Elles, F Magazine.
Articles dans des revues universitaires allemandes ou américaines :
Anglistik & Englishunterricht, Heidelberg, 1983.
Modern Drama (vol.XXV n° 4, décembre 1982).
Préfaces
Pour Actes Sud, Orlando (d’après Virginia Woolf) 1993.
Pour Théâtrales, Tennessee Williams, La Ménagerie de verre.
Carrière de traductrice littéraire
– Membre de l’ATLF (Association des Traducteurs littéraires de France) depuis 1982.
– Membre du Conseil d’administration d’ATLAS (Assises de la traduction littéraire en Arles) depuis 1992.
– Elue vice-présidente d’ATLAS en 1994.
– Elue présidente d’ATLAS de 1998 à 2004. A fait venir à Arles des personnalités aussi diverses que Jacques Derrida, Jacques Roubaud, Michel Deguy, Hélène Cixous, Barbara Cassin.
En plus des activités d’organisation, a assuré régulièrement des ateliers de traduction, et donné deux conférences :
« François Victor-Hugo traducteur de Shakespeare » (1996)
« Ezra Pound traducteur » (2003).
A développé la « Journée de printemps » qui se déroule chaque année à Paris en mai ou en juin (d’abord au Centre culturel italien de la rue de Varenne, et, depuis 2001, à la Maison Heinrich Heine de la Cité universitaire). Parmi les thèmes se rattachant, directement ou indirectement, à la traduction littéraire : « Traduire les contes », « Passeurs et passants : traduire la ville » (mai 2000), « Le corps d’une langue à l’autre » (9 juin 2001), « Traduire le voyage (2002), « Traduire l’insomnie » (mai 2003), « Enfances « (18 juin 2004).
– De 1992 à 1995, membre de la Commission « Littératures étrangères » du Centre National du livre (CNL) (pour laquelle je continue à faire des rapports). Fait partie, ès-fonctions, de la Commision d’aide aux traducteurs étrangers.
– Membre du Conseil d’administration du CNL.
– Membre de la SACD (en tant qu’auteur du livret d’opéra Le Regard de Lyncée (pour le compositeur François Ribac) et pour la traduction de Faust ou la fête électrique, de Gertrude Stein, mise en musique par François Ribac et, pour un autre spectacle, par Alexis Forestier.
– Membre de la SGDL
– Membre de la Maison des écrivains
– Membre du comité de lecture (domaine anglais) de la Maison Antoine Vitez.
Distinctions
– Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres (25 mai 2000)
– Prix Maurice-Edgar Coindreau 2004 (SGDL et Association des amis de ME Coindreau) décerné pour la traduction de L’Accordeur de piano de Daniel Mason publié chez Plon en 2003.
Traductions
– Traduction de romans américains ou anglais (pour Rivages, Actes Sud, Belfond, Balland, L’Olivier, Gallimard, Albin Michel, Plon…).
– Traduction de textes dramatiques pour France-Culture : Don Haworth, Lindbergh, l’Atlantique en solitaire (1988) et Alan Rosenberg, Tom Paine, citoyen du monde (1989).
En 1975, Patrice Chéreau a monté Lear d’Edward Bond, pièce traduite par Simone Benmussa et MCP (publié chez Christian Bourgois la même année).
– Traduction de Pentecost, de David Edgar, pour la Maison Antoine Vitez en 1996.

