De nombreuses thématiques parcourent l’ensemble de l’oeuvre de MCP : le corps (et ses métamorphoses), le langage et les mots, le visible et l’invisible, le cadre et le hors-cadre, la parole et le silence, l’écoute.
Ou encore le thème du double si présent au théâtre, vu également à travers la littérature avec des auteurs comme Henry James, Jorge Luis Borges ou Oscar Wilde, et évoqué à propos de la tâche du traducteur.
Plusieurs textes sont aussi consacrés à la place du nom propre, du titre, en particulier dans l’oeuvre de Gertrude Stein.
Sont privilégiés ici les thèmes suivants : les animaux, la peinture et le cinéma.
Les animaux, tels le cheval ou l’oiseau, représentent un thème récurrent dans les écrits de MCP. Sont regroupés ici plusieurs articles qui ont trait à cette thématique, abordée à travers le théâtre et la théâtralité, la littérature, la traduction.
MCP aimait les dictionnaires, les catalogues, les annuaires, toutes les listes. Dans sa postface à la traduction d’Alice, elle prend plaisir à citer les noms des animaux apparaissant dans les deux romans de Lewis Carroll : lapin, homard, tortue, lièvre, chat, huître, faon, brebis, morse, lion, licorne, crabe, chenille…
Suit l’article-hommage écrit par son amie Françoise Armengaud.
de Lewis Carroll. Nouvelle traduction de Françoise Armengaud et Marie-Claire Pasquier. Editions La Bibliothèque, 2023 On sait par un certain nombre de documents (lettres, journal de l’auteur, témoignages) que Lewis Carroll commença très tôt, dès 1866, à envisager une suite aux Aventures d’Alice au pays des merveilles (publié en 1865). C’est cette quasi-simultanéité qui permet…
(d’après Lewis Carroll) L’histoire se passe en Angleterre, L’été, au bord d’une rivière. Trois petites filles dans un bateau Qui rêvassent au fil de l’eau. Le gentil Lewis avec elles Accompagnant ces demoiselles Voudrait bien les distraire. Il leur dit : Je vais vous faire Un récit qui, j’espère, Va vous plaire. Alice, un bel…
Un tramway nommé désir (1947), La Rose tatouée (1951), La Chatte sur un toit brûlant (1955), Doux oiseau de jeunesse (1959), La Nuit de l’iguane (1961). Hors-scène, Tennessee Williams apporte le plus grand soin aux titres qu’il donne à ses pièces. Ce sont des petites capsules qui en recèlent le sens dramatique et poétique (indissociables)…
Combat, n° 9241, 19 mars 1974 De la politique fiction au cinéma pour enfants Entretien avec Robert Merle, auteur du roman Un animal doué de raison, à propos de la sortie du film Le Jour du dauphin, de Mike Nichols. Robert Merle, prix Goncourt, est l’auteur de Week-end à Zuydcoote, La Mort est mon Métier,…
TransLittérature, n° 32, hiver 2007 – Colloque Journée de Printemps, 17 juin 2006. « Et le chien dit « merci ! » » Gertrude Stein, Faust ou la fête électrique Parmi tous les thèmes que nous avons eu l’occasion d’aborder lors des Journées de Printemps d’ATLAS (« le conte », « le voyage », « le corps »,…
Préface à La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, traduction de Jean-Michel Déprats – Editions théâtrales, 2004. Commençons, hors-scène, par le titre, bulle magique qui inquiète et enchante à la fois, capsule de sens qui semble prête à exploser : « la ménagerie de verre ». Alliance du sauvage et du fragile, du félin et du transparent,…
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« Marie-Claire Pasquier, écrivaine animalière ? »
Maître de conférence en philosophie, Françoise Armengaud a été pendant plus de dix ans la collègue de MCP à l’Université de Nanterre. Elle a consacré une large part de sa réflexion à la condition animale. On lui doit notamment Requiem pour les bêtes meurtries, un essai sur la poésie animalière engagée (Kimé, 2015), Apprendre à lire l’éternité dans l’œil des chatsou de l’émerveillement causé par les bêtes, préface d’Élisabeth de Fontenay (Les Belles Lettres, 2016), La Louangeanimale (Librairie-Galerie Racine, 2025).
Françoise Armengaud a écrit l’article qui suit à la demande de Françoise Py, co-organisatrice de l’hommage à MCP qui devait se tenir le 27 avril 2020 à l’Espace des Femmes.
Quelque temps plus tard, MCP et Françoise s’attelaient à renouveler la traduction de Through the Looking-Glass,and What Alice Found There de Lewis Carroll : De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva, La Bibliothèque, 2023, édition pour laquelle MCP a écrit une postface.
MCP que l’on peut apercevoir entre Françoise Armengaud et Françoise Py lors de la signature du livre Lignes de Partage : Littérature/Poésie/Philosophie de Françoise Armengaud le 26 mars 2002 à la librairie Palimpseste.
Que Françoise Armengaud soit ici remerciée pour sa minutieuse relecture d’une grande partie des articles.
Hommage de Françoise Armengaud Marie-Claire Pasquier, c’est l’un de ses talents, conjoint légèreté et gravité. Elle dissimule une capacité de méditation peu ostentatoire au profit de l’humour salvateur à bout portant. En sage universitaire, elle applique les codes, mais elle le fait aussi en rouée praticienne de la pirouette et du clin d’œil. Est-il besoin par ailleurs de remarquer son immense culture d’angliciste, d’observatrice de la civilisation anglo-américaine, et sa fréquentation assidue du théâtre, des mises en scène et des répétitions, son regard…
Au fil des ans, MCP a peint de nombreuses aquarelles-gouaches, la plupart d’entre elles représentant des animaux terrestres ou aquatiques, des oiseaux ou des insectes.
En voici quelques-unes.
Peinture
Parmi les peintres qu’aimait particulièrement MCP : Carpaccio (Le Songe de Sainte Ursule), Giorgione (La Tempête), Rembrandt (Le Cavalier polonais), Turner, Caspar David Friedrich, Paul Klee, Kandinsky, Chagall, Chirico, Vieira da Silva, Balthus…
De nombreuses références à la peinture parcourent ses écrits : elle cite des textes de peintres comme Paul Klee ou d’auteurs comme Roland Barthes, Michel Butor, André Malraux, Peter Handke sur Cézanne et Daniel Arasse sur les primitifs italiens.
Elle insiste sur l’importance des Saints dans l’oeuvre de Gertrude Stein et fait de nombreuses références aux primitifs italiens et à leurs Annonciations.
Le tout premier écrit de MCP sur la peinture est son mémoire de maîtrise (Master’s Degree) sur Ruskin and Turner.
Dans le cadre de son travail sur la théâtralité et son lien avec la picturalité, MCP a abordé les notions de portrait et de paysage chez Gertrude Stein (dans son article « Le théâtre comme paysage » et dans sa thèse où le chapitre V s’intitule « Paysage et prière ou : Des saints en actes », chez Bob Wilson dans son article « Portrait de l’artiste avec paysage » ainsi que chez Harold Pinter, dans son article « Le silence et la mémoire chez Pinter : approche de la période paysagiste ».
MCP avait l’art de mettre en mots un tableau, un portrait, une photo, comme dans ses descriptions de Gertrude Stein ou de Flannery O’Connor.
And so one day all of a sudden I began to write Plays. Lectures in America Then I went to Spain and there I wrote a lot of plays. Lectures in America Something between Voodoo and bullfighting. Richard Howard Une couverture bleue. Détourée, une photo en pied (sauf qu’il manque les pieds) de Gertrude Stein,…
Sing a song of sight. A Circular Play My voice goes after what my eyes cannot reach. Walt Whitman Song of Myself The architect of domes of sound. Herman Melville Redburn I could not see to see. Emily Dickinson Le dramatique et le théâtral, ce sont deux pôles. On le comprendra mieux, peut-être, si nous…
Le mot compte plus que la syntaxe. C’est avant tout des mots, sans articles d’ailleurs, qui viennent et qui s’imposent. Le temps grammatical suit, d’assez loin. Marguerite Duras, Les Parleuses There are only a few words and with these mostly always I am writing that have for me completely entirely existing being. The Making of…
Indiana Elliott. What’s in a name. Susan B. Anthony. Everything. The Mother of Us All B. Barker. What is the name of this. I adore names. At Present I make a new name, and yet every name is the same, it is always in the name. Saints and Singing Lucy Church as Edith Church. Edith…
It is something to be able to paint a particular picture, or to carve a statue, and so to make a few objects beautiful; but it is far more glorious to carve and paint the very atmosphere and medium through which we look. Thoreau, Walden The origin of mentioning saints singing were nuns praying. The…
War-time is a time of Waiting, Noël once said. J.M. Coetzee When shall we three meet again In thunder, lightning, or in rain? When the hurly-burly’s done, When the battle’s lost and won. That will be ere the set of sun. Macbeth Time was her labyrinth, in which Hunilla was entirely lost. Herman Melville, The…
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Cinéma
MCP adorait le cinéma, que ce soit dans les « salles obscures » ou à la télévision (la Dernière Séance, le Cinéma de minuit).
Chez les réalisateurs de langue anglaise, elle aimait particulièrement Ford, Mankiewicz, Huston, Hitchcock, Lubitsch, Charles Laughton (Night of the Hunter), Billy Wilder, Woody Allen, Jane Campion. Parmi les réalisateurs français : Chris Marker, Cocteau, Louis Malle, Truffaut, Resnais, Varda, Ozon. Et chez les Italiens : De Sica, Visconti, Fellini.
Du côté des stars : Ava Gardner, Cary Grant, James Stewart, Kirk Douglas, Richard Burton, Ingrid Bergman, Meryl Streep, Gérard Philipe, Delphine Seyrig, Isabelle Huppert.
Amie de Chris Marker, MCP a collaboré au court-métrage Toute la mémoire du monde d’Alain Resnais en 1956. En 1967, Chris Marker a demandé à MCP de représenter le film Loin du Vietnam au Festival international du film de Montréal.
MCP s’est particulièrement intéressée aux rapports entre théâtre et cinéma, à la théâtralité au cinéma, citant souvent des films comme Muriel ou Providence d’Alain Resnais. Elle a écrit plusieurs articles sur les adaptations des pièces de Tennessee Williams.
Le cinéma, art du mouvement, mais aussi dès l’origine, art de la lumière, est, par nature, l’art du clair-obscur. Plutôt que la blessure du grand soleil, qui éblouit, noie les contours et aplatit les perspectives, sont privilégiés l’aube et le crépuscule. La nuit n’est jamais vraiment noire, mais plutôt, grâce aux projecteurs et à leurs…
Combat, n° 9241, 19 mars 1974 De la politique fiction au cinéma pour enfants Entretien avec Robert Merle, auteur du roman Un animal doué de raison, à propos de la sortie du film Le Jour du dauphin, de Mike Nichols. Robert Merle, prix Goncourt, est l’auteur de Week-end à Zuydcoote, La Mort est mon Métier,…
Siècle 21, n° 15, automne-hiver 2009. Le Comte de Monte-Cristo. Mon premier bonheur de cinéma. En deux épisodes, « Edmond Dantès », et « La Vengeance » : de quoi rêver toute la semaine entre les deux. C’était sous l’Occupation, j’avais neuf ans, on passait nos étés à Saint-Germain-en-Laye, parce que c’est là que mon père travaillait, à la…
L’Avant-scène théâtre, n° 1210, octobre 2006. Spécialiste du théâtre anglo-saxon, Marie-Claire Pasquier a traduit de nombreux textes contemporains de langue anglaise. Elle prépare actuellement, avec Jean-Michel Déprats, l’édition des œuvres de Tennessee Williams dans la Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard). En revenant sur les grandes dames du théâtre américain, elle révèle ici les strates et…
Vingt-deuxièmes Assises de la Traduction Littéraire, ATLAS, Actes Sud, 2005. Pour le choix du thème de ces journées qui nous rassemblent, « Traduire la violence », nous ne plaiderons pas l’originalité. Mais nous ne plaiderons pas non plus l’actualité. Bien sûr, en tant que citoyens, nous sommes tous directement concernés par la violence dans les banlieues, la…
Préface à La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, traduction de Jean-Michel Déprats – Editions théâtrales, 2004. Commençons, hors-scène, par le titre, bulle magique qui inquiète et enchante à la fois, capsule de sens qui semble prête à exploser : « la ménagerie de verre ». Alliance du sauvage et du fragile, du félin et du transparent,…