Catégorie : Ecrits personnels
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Fruits et légumes
Sous l’Occupation, aucune importation de fruits ou légumes : pas d’oranges ni de pamplemousses, pas de bananes, pas de dattes, pas de citrons, pas d’ananas. Pas de kiwis, on ne connaissait même pas le nom, pas de mangues. Et les avocats, je ne les ai connus que bien plus tard, aux Etats-Unis, où je les…
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« On l’adore ce Munch »
Siècle 21, n° 15, automne-hiver 2009. Le Comte de Monte-Cristo. Mon premier bonheur de cinéma. En deux épisodes, « Edmond Dantès », et « La Vengeance » : de quoi rêver toute la semaine entre les deux. C’était sous l’Occupation, j’avais neuf ans, on passait nos étés à Saint-Germain-en-Laye, parce que c’est là que mon père travaillait, à la…
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De Simone à Théodora. Attention, petites filles sages
Les Temps Modernes, n° 647-648, 2008 « À quoi ça sert d‘être un petit garçon si c’est pour devenir un homme », soupire Gertrude Stein dans L’Histoire géographique de l’Amérique. La connaissant, on peut sans trop de risques interpréter : à quoi ça sert d’être bouclé, affectueux, inventif, une voix d’ange, pour devenir moustachu, le poil qui pique,…
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41-46
Tags Revue JimJim, n° 8, « L’Etranger », avril 2005. pour Zabeth En 1941, j’ai sept ans. J’habite Paris et nous passons nos vacances, Pâques et l’été, comme nous le ferons jusqu’en 45, à Saint-Germain-en-Laye, où travaille mon père. L’étranger, dans mes premiers souvenirs, c’est l’occupant, c’est l’Allemand en uniforme vert-de-gris. Ce sont les bruits de bottes, les patrouilles…
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Colorado, été 55
Je les avais rencontrés par petite annonce dans le journal : il fallait se rendre dans un hôtel du centre-ville de Denver. J’avais un mois d’été à perdre avant de retourner à l’université de Cornell en septembre. En cinq minutes, l’affaire était conclue : je faisais partie de l’équipe itinérante du Don Frontier’s Studio :…
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Avec lui, sans lui
Sorcières, n° 23, 1980 L’enfant. Je m’aperçois que je ne peux pas écrire son nom, ni le vrai, ni un faux. Une espèce de réaction archaïque, de superstition. Si je livre son vrai nom — qu’il porte depuis une dizaine d’années, par lequel il s’est constitué une identité, qu’il a déclaré aimer, que je crie…
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Sans lui, avec lui
Autrement, n° 204, « Mère et fils », mai 2001 « Sans lui, avec lui » est la suite écrite vingt ans plus tard de « Avec lui, sans lui », qui date de 1980 (Sorcières, n° 23). « Je l’ai voulu, je l’ai eu, c’est-à-dire très exactement que je ne l’ai plus. » Pour Nada, pour Elisabeth, qui furent avec moi mères…
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Pleine et déliée
Tags Revue SorcièresSorcières, mai 1978. Ma poupée est en biscuit. Je la croque, à petites bouchées menues. Ma poupée est en chocolat, avec des cheveux de réglisse. Je la lèche ici et là, ma salive couvre sa figure d’une bave légère. Le chocolat n’est pas sucré, c’est de la teinture dans du celluloïd. Ma poupée me mange,…
