TransLittérature, n° 24, « Traduire le voyage », été 2002 – Colloque Journée de Printemps, 15 juin 2002.
La traduction fait voyager les livres, leur fait courir le monde, et les lecteurs avec. Reconnaissez que, vu sous ce jour, le beau nom d’ATLAS qui nous désigne en tant que traducteurs littéraires est comme prédestiné.
Pourtant, voyage et traduction sont à la fois proches et antinomiques. Antinomiques, cela saute aux yeux : le traducteur reste vissé sur sa chaise et sa maladie professionnelle, c’est le mal au dos et les mains arthritiques. Mais proches : un moteur premier dans les deux cas est la curiosité. En outre, qui traduit voyage, en imagination, dans une langue et une culture autres, et qui voyage revient un jour et doit, pour ceux qu’il retrouve, pour ceux qui l’ont chargé de mission, ses contemporains, ses concitoyens, « traduire » ses impressions ou ses découvertes. Comme nous, il se fait le passeur, l’intermédiaire. Barthes, de retour du Japon, se croit tenu de produire L’Empire des signes. Lévi-Strauss nous fait connaître les Tristes Tropiques. Voyager, traduire, c’est faire voyager.
Autre point commun, sinon entre voyage et traduction, du moins entre goût pour la traduction et goût pour le voyage : l’idée de lenteur, l’éloge de la lenteur. Victor Hugo, à propos de traduction, dit : « Pas à pas, telle est la loi des traductions ». Il entend par là qu’il faut acclimater petit à petit dans une langue ce qui est trop étrange, trop étranger, que certaines précautions sont inévitables. Font obstacle à la traduction, dit-il « les préjugés du moment, les antipathies nationales, les scrupules, les effarouchements, les résistances du petit goût local au grand goût éternel ». Acclimatation progressive, donc. « Pas à pas », on peut également le prendre comme une évocation de notre lenteur méthodique, et quelquefois maniaque, de lecteurs attentifs au moindre détail. Or les voyageurs, eux aussi, font souvent l’éloge de la lenteur, propice à la contemplation. Le voyage à pied a ses adeptes parmi les peintres forcément, l’œil aux aguets par vocation, mais aussi parmi les poètes, de Whitman à Jacques Roubaud.
Enfin, le traducteur et le voyageur, je pense qu’on ne me contredira pas, sont des solitaires. Pour le traducteur, c’est la nature même de son activité ressassante. Pour le voyageur, vous aurez beau jeu de m’opposer les camps scouts, les joyeuses randonnées avec pique-nique, les voyages organisés. Toutefois, le voyageur, le vrai, celui qui a le voyage chevillé au corps, est un solitaire. C’est, pour reprendre un titre de Jack Kerouac, le lonesome traveler, le « vagabond solitaire ». Intrépide ou mélancolique, il part seul, il « prend le large », il « largue les amarres ». Restless, ne tenant pas en place, il est toujours travaillé à la fois par la quête et par la fuite.
Si l’on y réfléchit bien, les tout premiers livres que nous ayons lus, ce sont, si l’on met à part Jules Verne et Paul Divoy (Les cinq sous de Lavarède), des livres de voyage en traduction (sans même que nous nous en rendions forcément compte) : Robinson Crusoë, L’île au trésor, Les Exilés dans la forêt, Alice au pays des merveilles, Don Quichotte (en édition abrégée illustrée par Gustave Doré), Le Merveilleux Voyage de Nils Holgerson à travers la Suède, de Selma Lagerlöf (1907), dont notre confrère Régis Boyer dit qu’il a plus fait que tout autre livre pour faire aimer aux Français la Suède, son peuple, sa littérature, son histoire, son folklore. Ajoutons : son enfance et ses paysages. Tous ces livres nous ont donné, durablement, le goût de la lecture et de la littérature et, accessoirement, ou plus tardivement, celui de la traduction.
Au moment du festival de Saint-Malo « Étonnants voyageurs », de Michel Le Bris, qui accueille les écrivains-voyageurs (ce que nous faisons aujourd’hui, à notre façon), Jacques Meunier notait la diversité du genre récit-de-voyage et précisait : « Chacun doit entrer dans ce genre avec l’œil affûté de celui qui chine dans une brocante ». Au cours de cette journée, nous allons brandir chacun nos trouvailles. Et nous allons, j’en suis sûre, passer une journée merveilleuse, entre la Patagonie et Marrakech, le voyage en Orient et le voyage vertical, les limites et les frontières, les voyageurs russes volontaires ou involontaires et le rêve américain des Suédois.
Notes pour Voyage et traduction
Je voudrais, en hommage à Chris Marker, infatigable voyageur qui, depuis Dimanche à Pékin et Lettre de Sibérie, porte son regard sur le monde et le traduit en images fixes ou mobiles, muettes ou commentées, en couleurs ou en noir et blanc, commencer par cinq vers d’Apollinaire (que vous connaissez tous) :
Avec ses quatre dromadaires
Don Pedro d’Alfaroubeira
Courut le monde et l’admira
Il fit ce que je voudrais faire
Si j’avais quatre dromadaires.
Nous allons décider qu’un de ces quatre dromadaires pourrait bien être la traduction, qui fait voyager les livres, qui leur fait courir le monde, et les lecteurs avec. Et reconnaissez que vu sous ce jour, le beau nom d’ATLAS qui nous désigne en tant que traducteurs littéraires est comme prédestiné. L’amour du voyage, l’attrait pour les pays lointains se manifeste souvent par la fascination pour les cartes, pour la représentation visuelle, porteuse de fantasmes, des itinéraires et des parcours. Vous verrez, fort bien raconté, au tout début du livre de Matthew Neale, Les Passagers anglais, ce que ressent un capitaine de navire privé de carte nautique. Ce roman, qui pourrait s’appeler « Voyage en Tasmanie », vient de sortir dans la traduction de Georges-Michel Sarotte.
Il y avait récemment dans Le Monde (22 février 2002) un article consacré à la cartographie et intitulé « L’Atlas, terre de fiction ». Voici ce que disait l’auteur, François Place, auteur d’un « Atlas imaginaire en trois tomes », ce qui m’a été droit au cœur (quelqu’un qui pense l’imaginaire en trois tomes !).
« Quelle folie de vouloir faire tenir sur une surface plane la masse des continents, la découpe des côtes, la résille des fleuves et des rivières, les étendues désertiques ou montagneuses, et de partout vouloir nommer ce qui existe sans nous ! Les îles se perdent et se retrouvent, les détroits sont des culs-de-sac, la terre australe, si vaste, si longtemps rêvée et caressée, disparaît au profit d’un continent gelé à l’abri de sa barrière de glaces. Le visage de la Terre est décidément bien fuyant : un palimpseste couvert de ratures et de repentirs. »
Et il terminait, ce qui nous ramène droit au but, par : « La lecture des cartes sans cesse nous invite au voyage, à la fiction donc. Partout le verbe afflue sous les bois, les rivières, les montagnes : nommer un lieu, quel qu’il soit dans le monde et quelle que soit la langue employée, c’est avant tout raconter une histoire. »
Les noms de lieux, dans les récits de voyage, c’est déjà la moitié de la fascination. Dites « Poméranie » et retenez vos larmes… Je l’ai fait en lisant la préface de Kenneth White au bref récit du Voyage à l’île de Rügen du peintre Carl Carus sur les traces de Caspar Friedrich (que je dois à la gentillesse de Nicole Taubes qui en est la traductrice). « Brandebourg, Mecklembourg, Poméranie — nous sommes là dans les marches nord-orientales de l’Allemagne, dans les lointaines provinces maritimes, avec, au large, l’île blanche. »
Ou encore, j’ouvre la présentation, dans la collection « Magellane » de Michel Chandeigne, d’un Voyage autour du monde de Francesco Carletti (1594-1606) : « marchand d’esclaves, marchand d’épices, de soie et de produits exotiques, Francesco Carletti regagna la Toscane en 1606, à l’âge de 32 ans, après quinze années de pérégrinations d’un continent à l’autre, des îles du Cap-Vert à Lima, de Mexico à Nagasaki, en passant par les Moluques, pour revenir via Macao, Goa, la Hollande et la France. Emprisonné en Colombie et en Chine, témoin d’une mutinerie sur un bateau au Japon, capturé par des corsaires hollandais, ce voyageur infatigable et curieux revenait dans son pays ruiné, mais riche de ce savoir que seul peut acquérir un intelligent « bourlingueur” au long cours ». (La seule fausse note, c’est « bourlingueur », un peu trop anachronique, puisque c’est un terme du XIXe siècle. Mais tout le reste fait rêver).
Bougainville nous fait assister, dans son Voyage autour du monde (publié en 1771), à la nomination in situ par les navigateurs des lieux qu’ils découvrent. Exemple, Bougainville lui-même, rencontrant une ile entre le détroit de Magellan et Tahiti : « Je l’ai nommée l’ile des lanciers. » (p.216) Ou encore : « Nous appelâmes ce cap, après lequel nous avions si longtemps aspiré, le cap de la Délivrance, et le golfe dont il fait la pointe orientale, le golfe de la Louisiade. C’est une terre que nous avons bien acquis le droit de nommer. » (p.305) Une notation m’a amusée : « Rio de la Plata, ou la Rivière d’argent, ne coule point sous le même nom depuis sa source. » (p.61) Se penchant, courtois, vers le courant : « Louis Antoine, comte de Bougainville. Sous quel nom coulez-vous en ces lieux ? ». Ce qui rappelle l’anecdote où l’on interroge une petite fille : « Comment s’appelle ton petit frère ? — On ne sait pas, il vient d’arriver, et on ne comprend pas ce qu’il dit. »
En terre étrangère, en terre inconnue, tout doit être nommé par approximation, par ressemblance avec du déjà connu, non sans risques de méprise : « On rencontre toute l’année au bord de la mer un oiseau assez semblable au corlieu » (p104) (« corlieu » ? peut-être le courlis ?). « On le nomma pie de mer, à cause de son plumage noir et blanc ». Les aigrettes sont assez communes. Nous les prîmes pour des hérons, et nous ne connûmes pas d’abord le mérite de leurs plumes. » Ou bien : « Deux espèces d’oiseaux que l’on nomma becs-scies, on ne sait pas pourquoi. » « Quatre espèces d’oies sauvages formaient une de nos plus grandes richesses. La première ne fait que pâturer, on lui donna improprement le nom d’outarde ».
Voyage et traduction sont à la fois proches et antinomiques. Antinomiques, cela saute aux yeux : le traducteur reste vissé sur sa chaise et sa maladie professionnelle, c’est le mal au dos et les mains arthritiques. Mais proches : un moteur premier dans les deux cas est la curiosité. Deuxièmement : qui traduit voyage, en imagination, dans une langue et une culture autres, et qui voyage revient un jour et doit, pour ceux qu’il retrouve, pour ceux qui l’ont chargé de mission, ses contemporains, ses concitoyens, « traduire » ses impressions ou ses découvertes. Comme nous il se fait le passeur, l’intermédiaire. Barthes, de retour du Japon se croit tenu de produire L’Empire des signes. Lévi-Strauss nous fait connaître les Tristes Tropiques. Voyager, traduire, c’est faire voyager.
Une différence superficielle serait peut-être que la traduction a pour vocation de rabattre l’inconnu sur le connu, d’atténuer les différences, de réduire la part de l’irréductible, de « l’intraduisible ». Là-dessus, les modes et les théories ont évolué, il n’importe : « Nous aussi, nous pouvons le dire » (disons-nous). Mais le voyageur lui aussi doit, par un système de comparaisons, acclimater ce qu’il a connu d’étrange et d’étranger. Toute description est une traduction. Le voyageur n’échappe pas à ses grilles d’interprétation, à ses préjugés ethnocentriques. Bougainville dans son Voyage autour du monde ne fait pas exception à la règle. Dans les îles Malouines (1767), son grand critère c’est : « utile », ou « pas utile ». Exemple, les sarcelles : « ces espèces sont de la plus grande abondance et du meilleur goût. » Les lichens : « on remit à un autre temps à éprouver s’ils seraient de quelque utilité pour la teinture ». Quant aux plantes marines, « elles étaient plutôt un objet incommode qu’utile. »
Récit de voyage et traduction ont en commun le problème du rapport à l’exotisme, et du relativisme culturel. A l’exposition coloniale de 1931, en réponse aux préjugés supposés des visiteurs, on pouvait lire ce louable avertissement : « Un conseil : en face de toute manifestation étrangère ou indigène, ne riez pas des choses que vous ne comprenez pas au premier abord. Les idées des autres hommes sont souvent les vôtres, mais exprimées de façon différente. Pensez-y. «
Et c’est vrai que c’est une première étape, universaliste, de l’acceptation de la différence. Chacun a là-dessus ses expériences personnelles. Pour moi une des toutes premières découvertes du « relativisme culturel » fut la lecture de deux livres symétriques et complémentaires : Lilette Léveillé à Craboville et Les Petits Brazidec à Paris. Le choc des cultures m’y apparut avec une évidence définitive.
Je voudrais signaler un autre point commun, sinon entre voyage et traduction, du moins entre goût pour la traduction et goût pour le voyage, c’est l’idée de lenteur, l’éloge de la lenteur. Victor Hugo, à propos de traduction, dit : « Pas à pas, telle est la loi des traductions. » Il veut dire par là qu’il faut acclimater petit à petit dans une langue ce qui est trop étrange, trop étranger, que certaines précautions sont inévitables. Font obstacle à la traduction, dit-il « les préjugés du moment, les antipathies nationales, les scrupules, les effarouchements, les résistances du petit goût local au grand goût éternel ». Acclimatation progressive, donc. « Pas à pas », on peut également le prendre comme une évocation de notre lenteur méthodique, et quelquefois maniaque, de lecteurs attentifs au moindre détail. Or les voyageurs, eux aussi, font souvent l’éloge de la lenteur, propice à la contemplation. Le voyage à pied a ses adeptes parmi les peintres forcément, l’œil aux aguets par vocation, mais aussi parmi les poètes, de Whitman à Jacques Roubaud. Je cite une belle phrase de Kenneth White, toujours dans sa préface au Voyage à l’île de Rügen « Le romantisme, ce n’est pas la ruée vers le Progrès, c’est le mouvement progressif vers le Réel absolu ». « Romantisme et voyage », voilà un thème qui va certainement être abordé, de front ou obliquement, dans le cadre des ateliers d’aujourd’hui.
Enfin le traducteur et le voyageur, je pense qu’on ne me contredira pas, sont des solitaires. Pour le traducteur, c’est la nature même de son activité ressassante. Pour le voyageur, vous aurez beau jeu de m’opposer les camps scouts, les joyeuses randonnées avec pique-nique, les voyages organisés. Mais le voyageur, le vrai, celui qui a le voyage chevillé au corps, est un solitaire. C’est, pour reprendre un titre de Jack Kerouac, le « lonesome traveler », le « vagabond solitaire ». Intrépide ou mélancolique, il part seul, il « prend le large », il « largue les amarres ». « Restless », ne tenant pas en place, il est toujours travaillé à la fois par la quête et par la fuite.
Le terme « voyage » dans la tradition française est un beau mot, phonétiquement équilibré (je laisse aux phonéticiens le soin d’apprécier v/oïa/j) — long en bouche, charnu : « voyage » ! Porté vers l’avant des lèvres : on n’est déjà plus là. De du Bellay (« heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ») à Barbara (« il avait fallu ce message/ pour que je fasse le voyage ») en passant par Musset : (« lorsque le pélican, lassé d’un long voyage… »), il a ses rimes obligées : « orage », « naufrage », « rivage », et même « village » (ce qui est un comble d’oxymore) : « Quand reverrai-je hélas de mon petit village/fumer la cheminée… » (Aparte : Le cratylisme souvent égare : « village » n’est guère différent, phonétiquement, de « voyage »). Pire encore : « vivre entre ses parents le reste de son âge ! » Vertueux programme ! Y avait qu’à pas partir ! Mais la nostalgie fait partie intrinsèque du voyage. Car il y a deux grands moments dans le voyage, tous les voyageurs vous le diront : le départ, et le retour. Musset dit : « Le retour fait aimer l’adieu ». « Adieu ! », « Addio ! » : soupirs privilégiés du pathétique de l’opéra. Version hobo : « So long, it’s been good to know you… and l’ve got to be driftin’ along ».
Du Bellay se sentait en exil à Rome : « Mais j’ai si grand désir de me voir de retour… »
Quiconque mon Bailleul, fait longuement séjour
Sous un ciel inconnu, et quiconque endure
D’aller de port en port cherchant son aventure
Et peut vivre étranger dessous un autre jour…
Toujours de la maison le doux désir les point.
Il y a une double nostalgie : celle du pays qu’on quitte, celle du pays d’où l’on revient.
Musset (à son frère) : « Ainsi mon cher tu t’en reviens Du pays dont je me souviens comme d’un rêve de ces beaux lieux où l’oranger naquit pour nous dédommager du péché d’Eve ».
Quand on en vient au mot « voyageur », on s’aperçoit qu’il n’a pas toujours bonne presse. Dans la langue même, un soupçon pèse sur les motifs et la pratique de celui qui, vivant sans feu ni lieu, est aussitôt perçu comme sans foi ni loi. Ce n’est pas par hasard qu’Hermès, ou Mercure, est à la fois le dieu des voyageurs et le dieu des voleurs, protégeant avec équité ceux qui se font détrousser et ceux qui les détroussent.
« Trimardeur » c’est à la fois vagabond et voleur de grand route. L’exemple donné dans Le Petit Robert est éloquent : « un trimardeur, un de ceux dont l’aspect farouche met le remords au cœur des uns, la peur aux tripes des autres ».
Conclusion
Si l’on y réfléchit bien, les tout premiers livres que nous ayons lus, ce sont, si l’on met à part Jules Verne, et Paul Divoy (Les Cinq Sous de Lavarède), des livres de voyage en traduction (sans même que nous nous en rendions forcément compte) : Robinson Crusoë, L’Île au trésor, Les Exilés dans la forêt, Alice au pays des merveilles, Don Quichotte (en édition abrégée illustrée par Gustave Doré). Le Merveilleux Voyage de Nils Hogerson à travers la Suède de Selma Lagerlöff (1907) dont notre confrère Régis Boyer dit qu’il a plus fait que tout autre livre pour faire aimer aux Français la Suède, son peuple, sa littérature, son histoire, son folklore. Ajoutons : son enfance et ses paysages.
Tous ces livres nous ont donné, durablement, le goût de la lecture et de la littérature et, accessoirement, ou plus tardivement, celui de la traduction.
Au moment du festival de Saint-Malo « Etonnants voyageurs » de Michel Le Bris, qui accueille les écrivains-voyageurs (ce que nous faisons aujourd’hui, à notre façon), Jacques Meunier notait la diversité du genre récit-de-voyage et précisait : « Chacun doit entrer dans ce genre avec l’œil affûté de celui qui chine dans une brocante. » Au cours de cette journée, nous allons brandir chacun nos trouvailles. Et nous allons, j’en suis sûre, passer une journée merveilleuse, entre La Patagonie et Marrakech, le voyage en Orient et le voyage vertical, les limites et les frontières, les voyageurs russes volontaires ou involontaires et le rêve américain des Suédois.

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