Femmes écrivains aux Etats-Unis

La littérature américaine est une littérature d’hommes. On s’accorde généralement à reconnaître cela. Et Leslie Fiedler, dans son livre Love and Death in the American Novel, a bien montré que tous les grands romans américains sont des romans sans femmes.

Transcription du cours

La littérature américaine est une littérature d’hommes. On s’accorde généralement à reconnaître cela. Et Leslie Fiedler, dans son livre Love and Death in the American Novel, a bien montré que tous les grands romans américains sont des romans sans femmes. On commence par Huckleberry Finn de Mark Twain. Il y a l’exemple de Moby Dick de Melville. Dans les romans de Fenimore Cooper, les femmes sont quelques demoiselles inexistantes. Et puis, il y a les grands romans de guerre. Par exemple, Norman Mailer, The Naked and the Dead.

J’enseigne souvent ces livres. Pas une femme dans ces livres. Les femmes ne sont pas centrales. Elles ne sont pas prépondérantes. Et c’est très différent de ce qui se passait en Angleterre au XIXe siècle, où on peut dire que la littérature a été en grande partie faite par des femmes.

Pourtant, bien sûr, si nous faisons une émission sur les femmes écrivains aux Etats-Unis, c’est que tout n’est pas si simple. Et cette émission pourrait s’intituler, comme un livre de Gertrude Stein, « Many, Many Women ». Et dans ces Many, Many Women, nous allons évidemment en oublier beaucoup. Ce ne sera qu’un premier aperçu de ce qu’ont fait toutes ces femmes au XIXe siècle et au XXe siècle, qui leur donne une place très importante, malgré tout, dans la littérature.

La première remarque que je voudrais faire, c’est que deux des plus grands best-sellers de tous les temps et de tous les pays sont deux œuvres de femmes. Ce sont généralement les deux premiers livres américains que les petits Français ont lus dans leur jeunesse, du moins dans leur jeunesse de jadis.

La première, c’est La Case de l’oncle Tom, Uncle Tom’s Cabin, de Harriet Beecher Stowe, qui a été écrit en 1852 et qui a été le premier livre américain à atteindre un million d’exemplaires. Son traducteur disait, c’est une chose qu’on n’irait plus aujourd’hui, je cite « Ce n’est pas seulement un beau livre, c’est une bonne action. » C’était en effet un plaidoyer abolitionniste. Et même si aujourd’hui, dire « un oncle Tom » est l’image de la soumission des Noirs telles que les Noirs n’en veulent plus et n’en ont plus besoin, le livre de Beecher Stowe a eu une grande importance à l’époque. Elle racontait comment les esclaves étaient vendus, revendus, séparés de leur famille, et la mort de l’oncle Tom a fait pleurer des générations de cœurs sensibles. J’aimerais bien qu’on lise un extrait, qui nous rappellerait nos jeunesses, de la fin du livre. Un petit peu avant la mort de l’oncle Tom, l’affreux Legree martyrise une dernière fois Tom.

Cela se termine sur une note de sacrifice chrétien. Il faut rappeler que Harriet Beecher Stowe était elle-même femme de pasteur.

Un autre grand best-seller, dont le succès a été aidé par le cinéma, c’est Autant en emporte le vent, Gone with the Wind, qui a été écrit par Margaret Mitchell, écrit des années 26 à 36 et publié en 1938. Cette fois-ci, elle a atteint 40 millions d’exemplaires. Et ça a été traduit en, je crois, 46 langues.

Qui peut oublier Scarlett O’Hara et Clark Gable en Rhett Butler ? Qui peut oublier Vivien Leigh ?  Qui peut oublier la musique de ce film ? Autant en emporte le vent, dont on reprend aujourd’hui à Paris une version théâtrale, est une grande épopée, une fresque historique. Et on remarquera que, même s’il est écrit par une femme, l’héroïne a des qualités d’héroïsme justement, d’indépendance, de courage, qui n’ont rien de féminin. On remarquera aussi qu’elle a, avec l’homme qu’elle aime, des relations de rivalité et pas du tout de soumission. Et qu’à la fin, punie, elle le perdra.

Et puis, il y a son attachement à la terre, la terre de Tara, qui est quelque chose de viril. L’attachement à la terre, c’est quelque chose que les hommes se transmettent. Mais en même temps, et c’est pour ça qu’elle a tant plu aux foules, elle est exactement l’archétype de la Southern Belle, telle que pouvait en rêver Scott Fitzgerald, avec, ce qu’il disait, je cite, « une voix et un port de quelqu’un qui a eu l’habitude de donner des ordres à des esclaves ».

Ce qu’on remarque à propos de ces deux best-sellers, c’est que chacun à sa façon et chacun à son époque évoque le sud des États-Unis. L’univers sudiste, soit au moment de l’esclavage, soit au moment où cet esclavage disparaît. Et je pense qu’il y aurait tout un chapitre important à faire, nous n’aurons peut-être pas le temps, sur l’importance du sud dans la littérature américaine et l’importance des femmes dans cette littérature du sud.

Mais ce qui est amusant, d’une certaine façon, c’est qu’un grand livre, comme Autant en emporte le vent, n’est pas considéré comme de la littérature. J’ai feuilleté par curiosité A Student’s Guide to 50 American Novels, le livre n’est même pas mentionné, le nom de Margaret Mitchell n’est même pas dans l’index. Et par curiosité aussi, j’ai regardé combien il y avait de romans de femmes sur ces 50 grands romans américains, il y en a trois.

Il y a Uncle Tom’s Cabin, il y a My Antonia de Willa Cather, qui est un roman sur la vie des pionniers dans les prairies du Nebraska. Et puis il y a de Carson McCullers, qui est un magnifique écrivain, The Heart is a Lonely Hunter de 1940.

Bon, il y aurait des commentaires à faire là-dessus sur le manque de romans de femmes, qui sont considérés comme de la littérature.

À l’autre pôle, au pôle opposé de ces grands best-sellers incontestés, à l’opposé des grands romans épiques qui atteignent un vaste public, on trouve la figure effacée, totalement effacée, quelqu’un qui fut « personne » et qui est pourtant un des grands poètes du XIXe siècle, c’est Emily Dickinson. Celle qu’on appelait la Gentle Spinster, c’était la vieille fille éternelle, quand elle parlait de chez elle, elle disait, My father’s house, la maison de mon père. Et son père lui achetait parfois des livres, mais il lui recommandait surtout de ne pas les lire, parce que, because they juggle the mind, cela ébranle l’esprit. Il ne souhaitait pas que sa fille ait l’esprit ébranlé.

Je voudrais qu’on lise un petit portrait d’elle, qui est fait par un de ses contemporains, Thomas Wentworth Higginson, qui a ensuite acquis une grande admiration pour elle.

Emily Dickinson disait : « Publier, c’est mettre aux enchères l’esprit humain ». Et ses poèmes n’ont été publiés qu’après sa mort, presque par miracle, parce qu’elle avait exigé qu’on brûle toute sa correspondance, et on pouvait s’inquiéter à l’idée qu’elle avait demandé aussi qu’on brûle ses poèmes.

Pour elle, écrire de la poésie, ça n’était pas fabriquer des objets qu’on va publier, c’était, je la cite, « des exercices en pureté et en solitude ». Je voudrais qu’on lise deux brefs poèmes qui sont de ces exercices en pureté et en solitude.

« La nature est tout ce que nous voyons, la colline et l’après-midi, l’éclipse, l’écureuil et le bourdon. Non, la nature c’est le ciel. La nature est ce que nous entendons, le loriot et la mer, le tonnerre, un grillon. Non, la nature est l’harmonie. La nature est tout ce que nous savons, mais sans avoir l’art de le dire, si chétive est notre sagesse auprès de sa simplicité. »

« Je mourus pour la beauté, mais j’étais à peine mise au tombeau qu’on mit un mort qui mourut pour la vérité dans la tombe voisine. Doucement, il demanda pourquoi j’étais morte. Je répondis, pour la beauté. Moi, pour la vérité, les deux font un. Nous sommes des frères, dit-il. Ainsi, parents retrouvés dans la nuit, de tombe à tombe, nous parlâmes jusqu’à ce que la mousse prît nos lèvres et couvrît notre nom. »

Je voudrais encore un tout petit extrait qui montre bien comment, pour elle, pour Emily Dickinson, un poème n’est pas quelque chose dont on tire un crédit personnel. Je la cite.

To see the summer sky is poetry. Though never in a book it lies, true poems flee. Ce qui veut dire, voir le ciel d’été, c’est cela la poésie. On ne la trouve jamais dans les livres, les vrais poèmes s’enfuient.

Je voudrais maintenant qu’on lise un court texte de Carson McCullers qui peut nous aider à montrer les deux pôles autour desquels tourne l’activité littéraire féminine. Ces deux pôles, ce serait, dans son vocabulaire à elle, c’est un extrait de The Heart is a Lonely Hunter, « The inside room » et « The outside room ».

Les deux premiers best-sellers dont nous avons parlé, c’est « The outside room »., c’est Le Vaste Monde. Mais parfois, avec Emily Dickinson, c’est évident, la femme, une femme, une Américaine, se réfugie dans un monde intérieur qui est pour elle la seule région d’évasion possible. Et c’est le cas de Mick, la jeune héroïne, qui a pour ami Mr. Singer, qui est un sourd muet à qui elle fait ses confidences. Et Mick, comme Carson McCullers elle-même, avait l’ambition de devenir une grande musicienne et pas les moyens de mettre cette ambition en œuvre. Donc, quand ça ne va pas bien pour Mick, elle se réfugie dans ce qu’elle appelle sa chambre intérieure.

J’enchaîne sur locked up by herself parce que les femmes souvent, en Amérique comme ailleurs, étaient enfermées, c’est-à-dire enfermées dans le noyau familial chez elles. Et quand elles se risquaient à avoir un rôle public, cela créait des tensions, des conflits, et elles apparaissaient comme une menace pour la société. Je ne crois pas que j’exagère, je crois que toutes les études récentes qui ont été faites montrent bien à quel point c’était onéreux pour les femmes de se risquer à avoir un rôle public.

Il y a un livre de Sandra Gilbert et Susan Gubar qui s’appelle The Mad Woman in the Attic qui étudie tout ça très bien. Écrire était une affaire d’homme et quand une femme écrivait soit on disait que ça n’était pas un vrai auteur, que ça ne comptait pas comme littérature, soit on disait qu’elle n’était pas une vraie femme. Et souvent les femmes ont été coupées du vaste monde et n’ont pas eu d’autre refuge que de se réfugier dans la chambre intérieure ou dans les histoires de femmes, les histoires purement sentimentales.

Une façon que les femmes avaient de prendre la parole au XIXe siècle et les féministes d’aujourd’hui sont allées rechercher ça dans les archives, ce sont des correspondances des journaux intimes et il y a des choses très intéressantes là-dessus mais peu de fictions. Peu de fictions sauf populaires et presque anonymes parce que publiées sous des pseudonymes.

Et puis il y a évidemment les féministes militantes qui se sont battues pour les droits des femmes et ça leur donnait une certaine forme de pouvoir. Alors je ne fais que citer leurs noms rapidement une des plus fascinantes c’est le personnage de Margaret Fuller qui était, on en parlera peut-être dans la prochaine émission, éditeur du journal The Dial qui ensuite a épousé secrètement en Italie un Italien dont elle a eu un fils et qui est morte tragiquement avec son fils et son mari dans un naufrage au moment où elle rentrait aux Etats-Unis.

Il y a la fameuse féministe Susan B. Anthony dont Gertrude Stein fera l’héroïne de son opéra The Mother of Us All qui était aidée par son amie Elizabeth Katie Stanton et les deux femmes ensemble, l’une complétant l’autre parce que l’une avait un esprit plus solide et plus rigoureux et l’autre avait plus de talent d’oratrice ont fait beaucoup pour le mouvement des femmes.

On connaît la phrase de Lillian Hellman quelqu’un dont on n’aura pas beaucoup le temps de parler mais qui est une femme de lettres importante du XXe siècle et je crois que quand on lui disait pourquoi est-ce que vous n’écrivez pas autant de pièces que M. Untel, elle disait I don’t have a wife.

Et on s’aperçoit que l’amitié tout à fait sans équivoque l’une des deux avait six ou sept enfants entre ces deux femmes était une façon de se donner un soutien moral intellectuel, affectif et ça leur a permis une très grande efficacité politique.

Au XXe siècle, la situation change évidemment mais quand on feuillette d’autres anthologies. Il y a le livre de Rachel Ertel sur le roman juif américain et parmi les 50 et quelques écrivains qu’elle cite il y a trois ou quatre noms de femmes. Je leur rends hommage.

L’une, c’est Mary Antin qui a écrit sur l’expérience des nouveaux immigrants aux Etats-Unis. Il y a Anzia Yezeerska qui a écrit aussi sur cette expérience des livres dont le titre est éloquent : Hungry Hearts, Children of Loneliness, Salome of the Tenements, All I Could Never Be. Et puis, il y a de façon plus récente, Tilly Olsen qui a écrit surtout des nouvelles un recueil qui s’appelle Tell Me a Riddle qui a acquis une fortune récente et méritée. Et Grace Paley dont on parlera aussi plus tard qui est une femme très intéressante et dont le livre le plus connu est aussi un recueil de nouvelles The Little Disturbances of Man, qui a été publié en 59.

C’est intéressant de voir que les femmes se tournent volontiers vers le genre de la nouvelle qui leur permet de se livrer à une activité littéraire même si cette activité est discontinue, interrompue par des enfants qui crient, etc.

Un endroit et un moment où les femmes ont trouvé un milieu favorable à leur développement littéraire, c’est quand elles ont quitté l’Amérique pour l’Europe, et c’est un moment bien connu que cette période d’entre-les-deux-guerres à Paris avec de très nombreux expatriés volontaires américains. C’était favorisé par les conditions économiques et ça a permis à des femmes qui étaient soit un peu excentriques, soit un peu marginales, de trouver un milieu qui les acceptait, qui les recevait, qu’elles soient une amazone comme Nathalie Clifford Barney, qu’elles soient une femme très instable comme Hilda Doolittle qu’on appelait H.D. et dont je voudrais citer très rapidement le portrait d’elle que faisait sa fille : H.D. was very beautiful quite magical in appearance, tall, gaunt and graceful with exquisite bone structure and searching grey eyes. Voilà le portrait qu’elle fait de sa mère. Il y avait Djuna Barnes, l’auteur de Nightwood. Voici comment l’a décrite Sylvia Beach dans son livre Shakespeare and Company : Djuna Barnes so charming and so gifted came to Paris early in the twenties Her first novel, which was published in 1922 and called simply and so characteristically a book, established her as a writer.

Ça me plaît beaucoup l’idée que cette femme, de façon modeste ou au contraire très autoritaire, appelait son livre « a book ».

Et puis il y a Gertrude Stein pour qui j’ai beaucoup d’admiration personnelle et qui a, elle, su s’établir comme écrivain à la fois dans « the inside room » et « the outside room », à la fois par des œuvres extrêmement expérimentales lues par peu de gens, à la fois comme personnage connu à Paris avec le salon qu’elle avait, avec la collection de tableaux qu’elle avait, et à la fois par des œuvres qui ont eu un grand public, comme la fameuse Autobiographie d’Alice B. Toklas et les quelques opéras qui ont été joués à New York ou ailleurs aux Etats-Unis, en particulier Four Saints in Three Acts et The Mother of Us All.

Rachel Salik, qui est ici avec nous, a mis en scène Gertrude Stein dans son côté biographique, dans ses relations avec Alice B. Toklas. Alors Rachel, je te donne la parole pour dire ce qui t’a intéressée dans ce personnage de Gertrude Stein.

Je pense que dans ce spectacle qui s’intitule Gertrude, enfin Gertrude morte cet après-midi, on ne sait jamais s’il faut dire Gertrude, Gertrude ou je ne sais pas, en tout cas bon, ce spectacle d’après Gertrude Stein. Ce qui m’a intéressée, c’est de montrer une relation entre deux êtres. Et là il se trouve que ce sont deux femmes. C’est une relation intime qui lie ces deux femmes pendant une quarantaine d’années et j’ai essayé de montrer dans ce spectacle comment le souvenir, comment la mémoire affective fixait les choses, peut fixer les choses à travers des images, à travers des sons, un peu comme Proust dit que les sons, les parfums, les menues choses de notre existence font que nous gardons des images intactes, et pour moi c’est ça qui m’a intéressée dans la représentation théâtrale. Voilà. La plupart, enfin la grande partie du texte que nous disons sur cette scène au théâtre Les Déchargeurs, est son extrait de l’Autobiographie d’Alice Toklas.

Alors je voudrais qu’on lise justement un bref extrait de l’autobiographie où Gertrude, Gertrude Stein écrivant au nom d’Alice fait son propre portrait comme si c’était Alice qui le faisait. Donc je voudrais qu’on ait, il y a deux extraits qui sont deux portraits de Gertrude Stein par Alice Toklas.

« Je suis allée voir Mme Stein qui avait en même temps retourné à Paris et là, à sa maison j’ai rencontré Gertrude Stein. J’ai été impressionnée par la robe qu’elle portait et par sa voix. Je peux dire que seulement trois fois dans ma vie j’ai rencontré un génie et à chaque fois, une cloche dans moi a sonné et je n’étais pas en erreur et je peux dire que dans chaque cas c’était avant qu’il n’y ait aucune reconnaissance générale de la qualité d’un génie dans eux. Les trois génies dont je veux parler sont Gertrude Stein, Pablo Picasso et Alfred Whitehead. J’ai rencontré de nombreuses personnes importantes. J’ai rencontré de nombreuses personnes importantes mais je n’ai connu que trois génies de première classe et dans chaque cas à leur vue en moi, quelque chose a retenti. Dans aucun des trois cas je ne me suis trompée. De cette façon ma nouvelle pleine vie a commencé. »

On va maintenant lire un autre extrait en français, qui est un autre portrait de Gertrude en voyage, en Espagne. C’est un portrait magnifique.

« A cette époque, Gertrude Stein portait un costume avec veste et jupe de velours brun, un petit chapeau de paille toujours crocheté pour elle par une femme de Fiesole, des sandales et aussi, souvent, une canne. Cet été-là, la pomme de la canne était en ambre. C’est plus ou moins le costume moins le chapeau et la canne que Picasso a représenté dans son portrait de Gertrude Stein. Ce costume convenait parfaitement à l’Espagne car tous les Espagnols se figuraient ainsi qu’elle appartenait à quelque ordre religieux et l’on nous traitait toujours avec le plus profond respect. Je me rappelle une fois qu’une religieuse nous montrait les trésors d’une église conventuelle à Tolède. Nous nous trouvions au pied de l’autel. Soudain, on entendit un bruit terrible. Gertrude Stein venait de laisser tomber sa canne. La religieuse blêmit. Les fidèles sursautèrent. Gertrude Stein ramassa sa canne et se tournant vers la religieuse, encore pâle d’émotion, lui dit pour la rassurer : Non, elle n’est pas cassée. »

L’aspect de Gertrude Stein qui me paraît le plus intéressant, ce n’est pas tellement ce personnage pittoresque mais c’est plutôt sa modernité, et c’est pour ça que je souhaite terminer sur elle aujourd’hui parce qu’elle ouvre vraiment la porte, pas au XXe siècle, mais elle le disait elle-même d’ailleurs avec son manque de modestie habituelle, au XXIe siècle. Et un des aspects les plus intéressants, c’est l’influence qu’elle a aujourd’hui encore sur certaines formes de théâtre contemporain. Si un jour nous faisons une émission sur ce sujet nous en parlerons plus longuement.


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