27 avril 2020
Les temps forts de ma vie et de mon activité de féministe ont souvent été, je m’en aperçois rétrospectivement, des aventures collectives.
– Le numéro des Temps modernes sur l’éducation des filles (ma participation : interviewer dix petites filles). Grâce à l’initiative de Leïla Sebbar et à la bienveillance de Simone de Beauvoir.
– Les deux rassemblements internationaux au Moulin d’Andé puis au Moulin américain. Ce sont des femmes qui en ont eu l’initiative et ont trouvé les fonds, et en ont fait paraître les deux volumes en France puis aux USA.
– Le numéro sur « L’Admiration » dans la collection « Morales » des Editions Autrement, grâce au soutien de Nicole Tchekowski.
– Mon rôle en tant que Présidente d’ATLAS, pendant sept ans (de 1998 à 2005) avec son Conseil d’administration, qui m’a permis de mettre en lumière et d’honorer des femmes remarquables et leurs traducteurs ou traductrices, en leur donnant carte blanche. Je rappelle ici que c’est grâce à Françoise Cartano que j’ai connu ATLAS et que j’ai décidé de participer à ses activités. Et que j’ai travaillé main dans la main avec Jacqueline Lahana, présidente de l’ATLF. Sont ainsi venues à Arles, pour les Assises, dans le désordre : Hélène Cixous et ses traducteurs ou traductrices, Florence Delay, à plusieurs occasions, Tiphaine Samoyault, Barbara Cassin, auteur du formidable Dictionnaire des intraduisibles. C’est elle qui dit et répète que pour bien connaître et pratiquer sa propre langue, il faut en connaître au moins deux. J’en profite pour honorer la mémoire d’Anne Minkowski, mère du chef d’orchestre Marc Minkowski, qui fut présidente d’ATLAS avant moi, et qui, élevée aux Etats-Unis, bilingue anglais-français dès l’enfance, a ensuite fait en France des études d’arabe pour pouvoir traduire les poètes arabes, dont Adonis. Rachel Ertel, qui fit une remarquable conférence sur « Hantise de mort, hantise de mots : traduire le yiddish ». Paule Constant, Angela Conrad, metteur en scène qui, à Gennevilliers, avait fait jouer Richard III par une femme. D’une façon générale, il s’agissait, il s’agit toujours, à ATLAS, même sans moi, de faire la promotion de la traduction littéraire, profession majoritairement féminine. Nous avons, assez vite mais jamais complètement, obtenu que le nom du traducteur figure sur tout ouvrage traduit, et que, dans la presse, les comptes rendus d’oeuvres traduites mentionnent le nom de celui ou celle qui l’a traduite en français. Des traductrices, puisqu’on parle ici des femmes, ont animé des ateliers de langue (Florence Dupont, par exemple, pour le latin, ou Katia Baum pour le yiddish) et des ateliers d’écriture, ou des ateliers thématiques, sur les injures, les jeux de mots, le voyage, par exemple. Les comptes rendus en ont été publiés chaque année par Actes Sud (à qui nous devons beaucoup, merci à Françoise Nyssen et, avant elle, à Hubert Nyssen.) Des membres de notre Conseil ont fait des conférences – Aline Schulman, Françoise du Sorbier, Hélène Henry, moi-même. Hélène Cixoux, elle, avait fait une conférence sur « Les Villes promises ».

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